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Un jour, l'un des fils du comte de
Bourges, peut-être Bernard, comte de Bourges et d'Auvergne, rencontra la jeune
bergère Solange et fut séduit par sa grande beauté. Par des avances et des
promesses d'abord, par des menaces ensuite, il s'efforça d'obtenir qu'elle
consente à devenir son épouse. Mais, fidèle à son voeu, elle repoussa ce
projet. N'avait-elle pas décidé de n'aimer que le Christ. Alors le jeune
homme, dans un élan de furie, l'enleva de force, la mit sur sa monture et
l'entraîna avec lui dans une course folle. Mais la jeune fille, qui avait moins
peur de mourir que d'être infidèle à son Seigneur, se déroba à son
ravisseur et se laissa tomber à terre, au bord d'un ruisseau. C'est alors que,
dans sa rage, le séducteur tira son épée de son fourreau et trancha la tête
de la jeune bergère. Elle subit ce martyre à la fin du IX° siècle, un 10 mai
(peut-être le 10 mai 878...).
La légende rapporte que la tête de
Solange, bien que séparée du reste du corps, invoqua encore trois fois le
saint Nom de Jésus. Toujours selon la légende, Solange, décapitée, prit sa tête
dans ses mains et la porta jusqu'à l'église Saint-Martin. Elle fut donc
ensevelie en l'église Saint-Martin du village de Saint-Martin-du-Crot. Mais par
la suite, une nouvelle église fut édifiée à la place de l'ancienne, placée
sous le vocable de Solange, et le bourg lui-même prit le nom de la sainte
martyre : Sainte-Solange (c'est la seule commune de France à porter ce
nom). Le Seigneur confirma par de nombreux miracles l'héroïcité des vertus de
sa servante et son tombeau n'a jamais cessé d'être honoré par les fidèles du
Berry qui vénèrent sainte Solange comme leur patronne spéciale.
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